Journal de bord – Carême 2026 #26

Ainsi, samedi, je me rends chez le tatoueur pour terminer — je l’espère — le serpent sur mon bras.

Une journées au salon de tatouage me demandent toujours beaucoup d’énergie. Pendant plusieurs heures, la peau reçoit des centaines de perforations chaque minute. Le corps encaisse. Il mobilise ses ressources pour gérer la douleur, le stress physiologique, l’inflammation locale et, ensuite, le travail de réparation qui commence dès que la séance se termine.

À chaque session, le même constat revient : cela consomme énormément d’énergie.

Lorsque je me rends chez le tatoueur, j’arrive donc généralement avec les poches pleines de nourriture. Je prévois large. Parfois je prépare des sandwichs à la maison. Parfois je les achète. Dans tous les cas, je pars équipé : biscuits, snacks, boissons sucrées… tout ce qui peut servir de carburant pendant plusieurs heures sous l’aiguille. Et puis de l’eau, beaucoup d’eau.

Au fil des séances, une sorte de logistique s’est installée. Je mange régulièrement, je bois beaucoup, et je garde toujours quelque chose à portée de main pour maintenir l’énergie sur la durée. Après plusieurs heures, le corps tire sur ses réserves et réclame du carburant.

Cette fois, la situation change légèrement. Je garde le souvenir de ma dernière session pré-Carême, où je me suis retrouvé, faute d’avoir anticipé, à devoir acheter ma nourriture pour la journée dans une station-service. Il me faut donc prévoir cette fois, d’autant plus qu’aujourd’hui je vis la démarche du Carême dans son ensemble, ce qui n’était pas encore le cas lors de la dernière séance.

Depuis le début de ce Carême, mon alimentation a évolué. En guise de rappel, le sucre a disparu. La viande également. Les produits laitiers dans leur grande majorité. Les édulcorants. Une grande partie des matières grasses aussi : margarine, huile de friture, beurre, huile de palme. Ainsi, de manière générale, les aliments ultra-transformés ont quitté ma table. Les longues séances de tatouage deviennent alors un terrain d’observation intéressant : comment nourrir le corps, comment soutenir l’effort, lorsque la plupart des choses que je trouve sur les rayons n’entrent pas dans la démarche ? En anticipant.

La question devient très concrète : quelle énergie apporter au corps pour traverser une journée entière sous l’aiguille ?Le serpent se termine bientôt. Et, l’expérience du Carême se glisse aussi dans cette journée-là.

J’ai ainsi fait ma petite liste pour samedi. Elle se compose de :

  • deux sandwichs aux crudités avec mon pain maison
  • des fruits : banane, kiwi, orange, compote de pomme maison
  • quelques fruits secs : figues et dattes
  • une boîte avec un mélange de noix, d’amandes et de noix de cajou

Je sors des réflexions existentielles pour revenir un peu à des questions pratico-pratique. Voilà qui est reposant.

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