Journal de bord – Carême 2026 #41

En fait, je ne suis plus en train de faire Carême.

Formellement, il me reste encore deux semaines. De temps en temps, une tension surgit encore. La compulsion n’est pas vaincue. Elle surgit aussi encore. Mais finalement, ce n’est pas ça qui est central. Ce n’est plus ça qui organise. Ça vient, ça passe, et c’est bien ainsi.

Mais je ne suis plus en train de faire Carême, parce que je ne fais plus d’effort dans ma démarche. L’alimentation, même si j’ai envie d’une bière ou d’un café de temps en temps, n’est plus une préoccupation. Le mouvement quotidien non plus.

Je pense que le fait d’avoir des enfants a rendu cette automatisation plus simple et plus rapide. J’avais en effet décidé que je ne ferais pas la cuisine en doublon. J’ai pris le risque d’inclure les enfants dans le Carême, sans forcément thématiser la chose explicitement. Pour le goûter de l’après-midi, j’ai valorisé les fruits. Mais pour leurs collations du matin, je me suis astreint à leur préparer des en-cas maison. Pas question de leur acheter des produits ultratransformés.

Je me suis donc mis en quête de recettes pâtissières dans les clous. Et une fois quelques principes ancrés, tout devient simple. La banane écrasée et la compote de pomme remplacent le beurre tout en sucrant la préparation sans ajout de sucre raffiné. La vanille, la muscade, la cardamome et la cannelle donnent du relief. Le chocolat 99 % et le cacao amer sans sucre apportent une profondeur folle. Et les flocons d’avoine et les œufs offrent une base pour à peu près tout. À côté de cela, un tournus entre le beurre de cacahuète non sucré, les fruits petits et gros…

Et en fait… ça suffit largement. Je ne suis pas dans une logique de substitution. Cette idée de reproduire à tout prix ne m’a jamais parlé : fausse viande, faux foie gras, faux fromage… et donc fausse pâtisserie ?Je ne cherche pas une copie. Je préfère quelque chose d’assumé, qui existe pour lui-même, avec son goût, sa texture, sa cohérence. Je ne cherche pas à reproduire “comme avant en version saine”. Je cuisine autrement. Et ça nourrit autrement. Ce qui est frappant, c’est la simplicité que ça prend une fois que c’est en place. Ce qui paraissait contraignant devient évident. Ce qui demandait initialement de l’énergie devient presque naturel.

Je ne fais plus d’effort. Et ça tient. Mais le mieux dans tout ça, c’est que ne pas revenir à avant ne sera pas un effort non plus. Je n’en ai plus envie. Je préfère ce que je mange maintenant. Alors oui, je cuisinais déjà beaucoup maison. Mais cuisiner maison en 100 % sain me donne une satisfaction augmentée.

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