
Le deuxième constat se précise.
En retirant certains appuis, quelque chose apparaît plus clairement. Il y avait la reconnaissance et l’estime. Mais maintenant, ce que je constate aussi, c’est que le mode de vie que j’avais adopté répondait à un autre déséquilibre : le rythme.
Le rythme ne ralentit pas. Il reste dense, tendu, plein. Les journées s’enchaînent, se réorganisent au gré des imprévus, et tout continue de tenir, mais sans véritable endroit où ça se dépose.
Une course qui ne dit pas son nom, mais qui est bien là. Le quotidien est chargé. Travail, enfants, logistique, imprévus, ménage avec enfants à gérer seul. Tout s’imbrique, tout demande de l’attention, de l’anticipation, de l’énergie. Et au milieu de ça, très peu d’espace vide. Très peu de moments où rien ne repose sur moi. Très peu de vie sociale.
J’ai fait le vide dans mon appartement. J’ai créé des espaces vides intérieurement. Maintenant il me faut créer des vides dans mes journées…
Ce qui se révèle, ce n’est pas un manque de cadre. Le cadre est là. Ce qui apparaît, c’est un manque de douceur. Un manque de repos au sens large. Des moments où il n’y a rien à porter, rien à organiser, rien à rattraper. Je rêve d’ennui. Bon sang ce que j’aimerais pouvoir m’ennuyer un peu plus.
Je pensais que j’avais plus de moments d’ennui. Je pensais que j’avais de la place.
L’absence des anciens “tampons” ne crée pas un déséquilibre. Elle le met en évidence. Elle rend visible un besoin qui restait couvert. Ce que j’identifie maintenant est simple : j’ai besoin de plus de douceur, et de plus de repos. De moins courir.
Je dois trouver de nouvelles ressources. Je ne peux pas simplement terminer Carême et revenir au modus vivendi d’avant. Il tenait. Aujourd’hui, je vois qu’il ne me convient pas. Plus.