
Le vide existentiel commence à émerger.
Ce vide existentiel, c’est ce constat cru qui me met toujours en mouvement : tout est vanité, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Pour le dire autrement, la vie n’a pas de sens en soi. Toutes les questions qui surgissent autour de l’ennui, du manque de mes enfants et des gens que j’aime lorsqu’ils ne sont pas là, de la reconnaissance… toutes ces questions m’amènent à m’en poser une autre : quel(s) sens ai-je injecté dans la vie jusqu’à aujourd’hui ?
Tellement de choses m’apparaissent de plus en plus futiles.
En me déconnectant des réseaux sociaux, je réalise à quel point c’était quelque chose de superflu dans ma vie. Je suis retourné sur Facebook et sur Instagram pour voir si j’avais des messages en suspens. Il y en avait effectivement : des amis qui me partageaient des reels, notamment. Et puis, sur le fil, des publicités et des produits que l’on essaie de me vendre via des contenus « sponsorisés ». Je réalise, en prenant du recul, que le produit de ces réseaux, c’est moi, et que ce qui est à vendre, c’est du temps de cerveau disponible. Futilités.
Je pense qu’après Carême, je supprimerai mes comptes sur les réseaux.
Avec cela, je réalise aussi à quel point mes biens sont devenus une charge plus qu’un réconfort. Depuis mes 16 ans, je me suis passionné pour tout un tas de choses : musique, jeux de plateau et jeux de rôle, lecture fantastique et science-fiction, cinéma, littérature classique, puis, par la suite, histoire, théologie, sociologie, anthropologie et politique. Je suis une personne plutôt soigneuse de ses affaires. Ce qui fait qu’en plus de vingt ans, j’ai accumulé tout un tas de vinyles, de jeux, de livres, de films et d’articles pop culture en tout genre. Pendant toutes ces années, tout cela a constitué un refuge. Je suis reconnaissant d’avoir eu ce refuge. Mais aujourd’hui, il est temps de faire de l’espace.
Faire de l’espace pour ce qui compte vraiment.
Aujourd’hui, je suis allé travailler à l’EMS et j’ai rencontré mon homologue catholique pour préparer Pâques. Je n’attendais qu’une chose : quitter mon travail pour me rendre dans une œuvre sociale qui revend des objets qu’on lui donne, afin de vider ma voiture. Une voiture, et si peu de choses débarrassées… J’avais déjà largement entamé mes bibliothèques auparavant. J’ai commencé à ratisser plus large.
Ce n’est que le commencement…