
Depuis quelque temps, j’écris davantage. Je publie plus régulièrement sur mon blog, certains de mes textes commencent aussi à paraître ailleurs, et, conséquence assez logique, on commence à m’inviter ici ou là. Je ne vais pas faire semblant : ça me fait plaisir. C’est même plutôt gratifiant de constater que ce que j’écris circule, suscite de l’intérêt et donne envie à certaines personnes de me proposer quelque chose.
Seulement, je commence à remarquer une constante assez amusante. Quand on m’invite parce que j’écris, on me propose de venir prêcher. Quand on s’intéresse aux réflexions théologiques, politiques ou religieuses que je développe, on me propose quinze minutes de parole dans un culte. Et lorsque c’est le musicien que l’on sollicite, c’est généralement pour venir jouer… au culte et dans un cadre liturgique qui ne laisse, à mon goût, que peu de mouvement à la création.
J’écris ? Viens prêcher. Je réfléchis à la théologie ? Viens prêcher. Je fais de la musique ? Viens jouer au culte. À force, je commence à avoir l’impression que, dans le protestantisme réformé, tout finit en culte.
C’est cette mécanique qui m’interroge. Tout ce qui pourrait donner lieu à une autre forme de rencontre semble presque spontanément ramené au même dispositif. Une réflexion devient une prédication. Un musicien devient une participation musicale. Une personne qui écrit devient un prédicateur invité. Un sujet qui pourrait donner lieu à deux heures de discussion doit tenir dans les dix ou quinze minutes disponibles au sein d’une liturgie. Et je me demande de plus en plus pourquoi.
Le culte, une usine de recyclage
Dans une discussion avec un ami et collègue, celui-ci me disait à propos du culte : « Tout s’y recycle. » La formule me reste. Il ajoutait, un peu plus brutalement : « N’importe quoi de bien doit finir au culte. Parce que personne n’a d’autre idée en paroisse. » Et je crois qu’il mettait exactement le doigt sur ce qui m’agace.
Le sujet dépasse très vite les quelques invitations que je reçois. Ce qui m’intéresse ici, c’est ce mécanisme de recyclage de la vie ecclésiale : dès qu’une idée, une initiative ou une personne suscite de l’intérêt, le réflexe consiste à la ramener vers le culte. (Je note qu’il existe bien sur d’autres activités d’églises et d’autres réalités que celle de la paroisse, et je ne les occulte pas de la réflexion. Je constate simplement la prépondérance de l’activité cultuelle sur les autres)
À force, celui-ci devient une forme par défaut, presque le passage obligé de ce que l’on estime digne d’être partagé. Et c’est précisément là que quelque chose se perd : chaque activité possède pourtant sa propre logique, son propre rythme, sa propre durée, son propre public. En la reconditionnant systématiquement pour la faire entrer dans le dispositif liturgique, on finit par réduire sa forme au lieu de lui laisser l’espace dont elle aurait besoin.
Le problème, c’est que toutes les formes ne se valent pas pour tout faire. Une pensée un peu complexe demande du temps. Elle demande parfois qu’on puisse la développer, la nuancer, répondre à des objections, revenir en arrière, entendre d’autres voix. Une discussion suppose qu’on puisse réellement discuter. Une table ronde suppose plusieurs points de vue. Un concert suppose que la musique puisse exister pour elle-même, avec son propre rythme et sa propre intensité.
Le culte, lui, a sa logique propre. Il a une durée, une structure, une liturgie, une succession de séquences. La parole y prend généralement la forme d’une prédication, avec ce que cela implique encore souvent d’asymétrique : quelqu’un parle, les autres écoutent. Tout cela peut avoir sa cohérence. Mais dès qu’on veut faire entrer dans ce cadre des formes qui demandent autre chose, on finit forcément par les comprimer.
Et ce que l’on présente souvent comme l’une de ses grandes forces constitue en réalité à mes yeux l’une de ses principales faiblesses. Le culte dure, il se répète depuis des dizaines d’années, il transmet une tradition, il offre un cadre connu dans lequel les habitués savent se retrouver, où qu’ils aillent. Cette permanence rassure et donne des repères. Mais elle produit aussi de la rigidité. À force d’être structuré par des formes reconnues, des séquences attendues et une temporalité bien balisée, le culte laisse finalement peu de place à ce qui déborde, surprend, expérimente ou exige un autre rythme, y compris dans la parole qui y est partagée.
Le cadre liturgique n’est d’ailleurs jamais qu’un simple contenant. Il conditionne la manière dont une parole est entendue. Une idée formulée depuis une chaire, entourée de prières, de chants et de lectures bibliques, ne résonne pas de la même manière que cette même idée proposée autour d’une table ou dans une conférence où elle pourrait immédiatement être discutée, contestée ou prolongée. Le dispositif lui donne déjà une place, un statut et une manière d’être reçue.
C’est là que le recyclage devient le plus problématique à mes yeux. Une idée susceptible d’ouvrir, une discussion potentiellement profonde, une controverse devient matière à prédication ; une proposition qui pourrait provoquer des objections s’insère dans une séquence liturgique qui, quelques minutes plus tard, poursuit son cours. On écoute, puis viennent le chant suivant, la prière, la musique, l’envoi. Le cadre absorbe en quelque sorte ce qui aurait peut-être mérité de rester un peu plus longtemps en travers de la gorge.
Pire encore : inscrire toute pensée dans le cadre liturgique, c’est risquer d’absorber le relief même de la diversité des opinions et des visions. Car disons-le : le culte est un lieu de consensus. Le recyclage agit alors comme une machine d’homogénéisation. Des pensées différentes, parfois contradictoires ou franchement conflictuelles, finissent toutes par être accueillies dans les mêmes codes et la même logique. Elles deviennent des paroles successives à entendre davantage que des positions à confronter.
À vouloir tout faire entrer dans le culte, on finit donc par appauvrir ce qu’on voulait pourtant mettre en valeur.
Le culte, centre symbolique
Il y a quelque temps, lors d’une soirée de conseil de paroisse à laquelle j’assistais, un pasteur a dit très simplement que l’avenir de l’Église, c’était de faire des cultes. Que s’il y avait bien quelque chose à ne pas diminuer ni supprimer, c’était l’aspect cultuel de l’institution, car c’est là selon lui, que se situerait l’identité réformée. La proposition m’est restée, elle aussi. Parce qu’elle dit quelque chose de plus profond qu’une simple préférence pour une forme de célébration : elle révèle à quel point le culte demeure pensé comme le centre symbolique de la paroisse.
C’est là que le mécanisme devient presque circulaire. Puisque le culte est le centre, tout ce qui se passe ailleurs doit finir par y revenir pour être vu, entendu, reconnu. Des jeunes montent un projet ? On leur demande de venir en parler au culte. Un groupe développe une activité intéressante ? On lui propose de la présenter un dimanche matin. Comme si le fait d’exister dans la paroisse ne suffisait pas encore tout à fait. Comme s’il fallait repasser par le centre pour devenir réellement visible aux yeux de la communauté.
Mais les jeunes sont déjà la paroisse. Les groupes qui se réunissent ailleurs sont déjà la paroisse. Les personnes qui créent, réfléchissent, accompagnent, jouent de la musique ou organisent des rencontres sont déjà la paroisse. Pourquoi faudrait-il toujours qu’ils viennent rencontrer « la paroisse » au culte, comme si celle-ci se trouvait essentiellement là ? À force, le culte devient le lieu où la paroisse vient se regarder elle-même. On y rassemble, on y présente, on y raconte ce qui existe ailleurs, au lieu d’aller aussi voir ce qui existe là où cela existe réellement. J’aimerais parfois que l’Église sorte de son culte pour aller rencontrer l’Église.
Évidemment, tout cela s’explique. On pourrait raconter l’histoire du protestantisme réformé, la centralité prise par la prédication, la place du dimanche, la fonction sociale du culte, le besoin de rythmes communs, la transmission de la tradition, la constitution des communautés autour d’un rendez-vous régulier. On pourrait mobiliser la sociologie, l’histoire, la théologie, l’anthropologie religieuse et probablement produire quelque chose de parfaitement convaincant sur les raisons pour lesquelles le culte occupe encore aujourd’hui une telle place.
Mais, très franchement, je m’en fiche. Toutes ces explications peuvent être justes. Elles ne changent rien à une expérience beaucoup plus simple : quand je vais au culte, je m’ennuie.
Et j’ai quelque peine à croire que cette expérience soit particulièrement originale. Il suffit de regarder qui fréquente encore régulièrement nos cultes pour comprendre qu’ils ne constituent manifestement plus, pour une grande partie de nos contemporains, une forme de rencontre particulièrement désirable. Cela ne signifie pas que les personnes qui y trouvent quelque chose se trompent, ni que le culte n’ait plus aucune valeur. Cela signifie simplement qu’une forme peut être historiquement compréhensible, théologiquement défendable, culturellement héritée et pourtant ne plus susciter grand intérêt.
C’est peut-être même là que je décroche lorsque l’on m’explique qu’il faudrait préserver le culte parce qu’il constitue notre identité, notre tradition ou notre spécificité. D’accord son existence et sa place s’expliquent, mais le manque d’intérêt qu’il suscite et son manque de pertinence comme centralité s’expliquent aussi. Je peux parfaitement comprendre pourquoi nous en sommes arrivés là. Ce qui m’intéresse davantage, c’est de savoir pourquoi cette compréhension devrait m’obliger à trouver désirable ce qui, concrètement, m’ennuie.
Une institution peut très bien expliquer pendant des heures pourquoi elle fait ce qu’elle fait. À un moment, il reste pourtant une question beaucoup plus embarrassante : est-ce que quelqu’un a encore envie de venir ? Moi, souvent, non. Et je soupçonne que nous sommes nombreux, mais là il me semble que j’enfonce une porte ouverte.
Une dimension concrète : le temps
Il y a aussi une dimension beaucoup plus concrète à tout cela : le temps.
Je travaille à 90 % comme aumônier. À côté de cela, je suis père de famille, j’ai une vie sociale, des passions, des amis, des choses que j’aime faire, et j’ai aussi besoin d’avoir du temps pour moi. Mon week-end n’est donc pas une réserve de disponibilité ecclésiale dans laquelle il suffirait de venir puiser. Lorsque l’on m’invite à prendre la parole quinze minutes dans un culte, ce ne sont jamais quinze minutes que l’on me demande. Il faut préparer, se déplacer, être là avant, rester pendant le culte, rentrer ensuite. Très vite, quinze minutes deviennent une matinée entière. Et cette matinée est prise sur du temps familial, social ou personnel.
D’autant plus que je célèbre déjà en semaine dans le cadre de mon travail. Je consacre donc déjà une partie de mon activité professionnelle à faire vivre cette forme liturgique que je n’apprécie pas particulièrement à titre personnel. Je n’ai aucune envie que mon temps libre serve encore à nourrir la même machine. Si l’on vient me chercher sur ce temps-là, alors il faut que le projet me donne réellement envie.
Il y a quelque temps, je suis allé jouer de la musique dans un culte de l’EERV. J’aime faire de la musique. Pourtant, cette expérience m’a fait comprendre quelque chose d’assez simple : faire de la musique me plaît, la mettre au service de la forme liturgique habituelle beaucoup moins. Il me manque alors de l’espace, de la liberté, de la surprise, la possibilité que la musique existe par elle-même et pour elle-même. Il en va de même pour la parole : une idée forte, complexe ou conflictuelle supporte mal d’être ramenée à une séquence parmi d’autres dans un déroulement déjà balisé.
Et c’est là que ma critique du culte se concentre : le culte est devenu, dans beaucoup de contextes réformés, une forme tellement centrale qu’il finit par aspirer le reste. Il accueille tout, transforme tout, recycle tout. Et à force de vouloir tout contenir, il finit aussi par tout reformater selon sa propre logique.
Il réduit la durée des pensées, absorbe leur conflictualité, homogénéise leur réception, subordonne la musique à sa fonction liturgique, transforme des initiatives autonomes en séquences de programme et continue de monopoliser une part considérable de l’énergie ecclésiale. Sa permanence est réelle. Sa puissance symbolique aussi. Mais cette permanence est devenue, à mes yeux, une inertie. Et sa centralité, une faiblesse. Une Église qui recycle tout dans le culte finit par perdre le relief de ce qu’elle prétend accueillir. Et peut-être aussi, à force, le goût de créer autre chose.
Renverser la logique
Peut-être faudrait-il alors renverser complètement la manière de poser le problème. Dans beaucoup de paroisses, la question reste encore : comment conserver le plus de cultes possible ? Comment maintenir le rythme, remplir les plannings, trouver des prédicateurs, des musiciens, des personnes pour accueillir, organiser, préparer ?
Et si l’on arrêtait enfin de traiter le culte comme une espèce en voie de disparition qu’il faudrait sauver à tout prix ? Si l’identité de l’Église ne se joue plus essentiellement dans le cultuel, alors il faut en tirer les conséquences. Diminuer drastiquement le nombre de cultes. Libérer du temps. Libérer des forces. Libérer des personnes. Et utiliser cette énergie pour autre chose : accompagner, rencontrer, créer, débattre, penser, être présent là où les gens vivent réellement.
Car aujourd’hui, dans bien des endroits, la machine s’est retournée contre ceux qu’elle était censée servir. L’Église devait être au service des personnes ; ce sont désormais les ministres et les paroissiens qui sont au service de son fonctionnement. Il faut que le culte ait lieu. Il faut remplir la grille. Il faut assurer le dimanche. Peu importe parfois ce que cela coûte en temps, en énergie ou en disponibilité : la machine doit tourner. Pourtant, comme dirait l’autre, « le Sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le Sabbat ».
Je le vois jusque dans l’aumônerie. Certains collègues, notamment en EMS, sont tellement submergés par la charge cultuelle qu’ils n’ont tout simplement plus assez de temps pour accompagner réellement certaines personnes. Il faut préparer, coordonner, se déplacer, célébrer, recommencer. Et pendant ce temps, les entretiens attendent, les présences se raccourcissent, les rencontres passent après. À ce stade, il faut appeler les choses par leur nom : lorsque la célébration prend tellement de place qu’elle empêche l’accompagnement, le culte ne sert plus le ministère. C’est le ministère qui sert la machine cultuelle. Un ministre de l’église devrait être au service des gens et non d’une machine institutionnelle.
Au finale, il y a tellement de cultuel à maintenir qu’il ne reste plus assez de disponibilité pour le reste. Trop de temps consacré à reproduire une forme, trop peu pour inventer et créer. Trop d’énergie dépensée à faire tenir le calendrier, trop peu pour aller vers les gens. Trop de forces mobilisées pour que l’institution continue à faire ce qu’elle a toujours fait, trop peu pour se demander ce qu’elle pourrait faire d’autre.
Lorsqu’une forme mobilise à ce point les forces disponibles qu’elle étouffe tout le reste, elle cesse d’être un outil. Elle devient une fin en soi. Et une Église qui dépense l’essentiel de son énergie à maintenir sa propre forme finit par servir sa machine bien davantage que les personnes.
Le biais du survivant
Il y a encore un biais qui me semble particulièrement intéressant lorsqu’on parle du culte : le biais du survivant.
Quand j’étais à l’Armée du Salut et que j’ai célébré mon premier culte, il y a des années de cela, j’appréhendais beaucoup ce moment. J’avais donc demandé conseil à plusieurs membres de la communauté. Une réponse revenait régulièrement : il fallait mettre « un petit peu de tout, pour contenter tout le monde ». Un chant ancien pour les uns, quelque chose de plus contemporain pour les autres, une prédication d’une certaine longueur, les éléments auxquels chacun était attaché. La formule peut prêter à sourire, mais j’entends encore régulièrement une version du même raisonnement dans le monde réformé : « Les gens attendent cela. » Et puisque les gens l’attendent, toucher à la forme devient extrêmement compliqué. (D’autant plus que l’on accole à cette idée, celle largement exagérée que « l’être humain n’aime pas le changement »).
Seulement, de quels « gens » parle-t-on ?
C’est précisément là qu’intervient le biais du survivant. Ce biais consiste à observer uniquement ceux qui restent visibles après un processus de sélection et à tirer de leur situation des conclusions générales, en oubliant tous ceux qui ont disparu de l’échantillon. On regarde ceux qui sont encore là, précisément parce qu’ils sont encore là. Ceux qui sont partis, eux, ne participent plus à la vie de la paroisse, ne donnent plus leur avis sur la liturgie et ne viennent évidemment plus expliquer ce qu’ils attiendraient du culte, ou plus largement de l’Église.
Alors quand il est affirmé que les gens aiment cette forme et l’attendent, cela signifie en réalité quelque chose de beaucoup plus modeste : les personnes qui fréquentent encore cette forme semblent suffisamment l’apprécier, ou suffisamment s’en accommoder, pour continuer à venir. Et la nuance est énorme.
Car à force d’écouter principalement celles et ceux qui restent, l’institution finit presque mécaniquement par perfectionner une forme pour le public qu’elle a réussi à conserver. Les personnes présentes se prononcent sur les chants qu’elles souhaitent, la durée de prédication qu’elles préfèrent, les éléments liturgiques auxquels elles tiennent. (Et cette réflexion est évidemment transposable sur tout contenu produit par le milieu). Puis le culte est adapté à leurs attentes, avant de constater ensuite que les personnes qui continuent à venir y sont attachées. La boucle est bouclée.
Pendant ce temps, ceux qui sont partis sont devenus invisibles. Or ils sont précisément beaucoup plus nombreux que ceux qui restent. Et leur absence devrait peut-être intéresser davantage que la satisfaction des présents. La question de la fréquentation est d’autant plus importante que le culte a été placé au centre de la vie ecclésiale. S’il reste central, il est normal que sa fréquentation devienne inévitablement un indicateur central elle aussi. Dès lors, deux options se dessinent.
La première consiste à maintenir le culte au centre. Mais alors la question pertinente ne devrait plus être seulement : « Comment satisfaire ceux qui viennent encore ? » Elle devrait devenir : « Pourquoi tous les autres ne viennent-ils plus ? » Pourquoi cette forme ne les rejoint-elle plus ? Qu’ont-ils cessé d’y trouver ? Et surtout, pourquoi continuer à construire cette forme à partir des attentes de ceux qu’elle a conservés plutôt que de s’intéresser sérieusement aux raisons pour lesquelles elle en a perdu tant d’autres ?
La seconde consiste à tirer une conclusion différente : peut-être faut-il précisément cesser de faire du culte le centre. Le considérer comme une forme parmi d’autres, destinée à celles et ceux qui y trouvent du sens, et cesser d’en faire l’étalon à partir duquel sont évaluées la vitalité ou la réussite de l’Église. Et surtout à détacher toute projection identitaire de cette activité pour en relativiser un tant soi peu la valeur, le temps et l’investissement qu’on lui accorde. Cette décentralisation doit alors amener à une relativisation de sa valeur, et in fine à une réduction de « l’offre ». Cette réduction seulement, amènera alors de l’espace, du temps et de l’énergie pour autre chose… si énergie il y a encore.
C’est là que se situe, à mes yeux, le véritable choix. Si le culte doit rester au centre, alors il faut avoir le courage d’interroger les absents au moins autant que les présents. Sinon, il serait peut-être temps de le décentrer et de laisser enfin de la place à toutes les autres manières d’exister en église.